Ces artistes doivent repenser leurs plans de carrière pour 2019, selon Cedric CODO

Ces artistes doivent repenser leurs plans de carrière pour 2019, selon Cedric CODO

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2018 a encore été une année où nous avons connu la sortie de belles créations musicales.



Est-ce que dans la chaîne tout le monde a joué son rôle ? C'est à cette question que nous avons confronté le manager culturel Cedric CODO. Lisez ses réponses pour mieux comprendre son bilan de l'année 2018...

Les artistes
Pour ce qui est des artistes, l’homme de la culture se dit très séduit par l’avancée de certains artistes dont Crisba.

J'ai été très séduit cette année par la confirmation de ce nouveau visage des musiques urbaines dites nouvelles générations comme Crisba, Xtime, qui sont entrain de rejoindre aussi le statut de Vano Baby, Tyaf, Fanicko et Nikanor.

Il en a profité pour lâcher ses coups de coeur avec en tête un penchant particulier pour Meko Family.

mes coups de coeur ont été Togbe Yeton de Meko family qui a récemment fait le palais des sports aux côtés de Tyaf. C'est terrible cet artiste qui est en train d’être développé. Sans aucune promo radio et TV, Meko Family est en train d’écrire sa page dans l'histoire des musiques du Bénin.
On peut ne pas aimer l'artiste, mais on peut s’inspirer de leur stratégie pour imposer aussi autres artistes quand on est censuré.

Tout en continuant dans cette lignée je peux également dire que deux dames ayant chacune leur modèle économique remarquable ont marqué 2018 sans forcément attendre de rentrer dans la playlist de cette Trace TV (qui donne beaucoup d'insomnie aux managers et artistes). Je veux mentionner Zeynab et Sessime que j'ai minutieusement suivi cette année à travers leurs activités. Et definitivement elles sont les dames les plus demandées de la musique dans le pays.’’

Un coup de gueule cependant aux médias mais aussi au public.

Les publics n'ont pas vraiment variés cette année. On a quand même noté une popularisation des musiques urbaines par le phénomène Togbe Yeton et cela s'explique aussi par son style et la langue nationale qu'il manipule agréablement.

Encore une autre difficulté pour les nouveaux talents d'avoir une chance de passer en radio avant de rêver rentrer en playlist parce que le système nécessite des moyens et cela tue d'après moi la création.
C'est pas un manque de talents que nous avons, mais un manque de la valorisation de ces derniers. Pour 2019, un effort doit être fait par tous les acteurs pour pousser aussi les nouveaux talents à avoir leur chance.


Au plan international les choses ne sont pas restées sans bouger.

Il faut noter qu'en 2018 le Bénin a marqué sur le plan international par la présence du label Blue Diamond qui a eu ses artistes Fanicko et Queen Fumi pendant plusieurs semaines dans les playlist de Trace TV et d'autres chaînes à l'international.

Vano Baby et Tyaf également qui ne cessent d'explorer de nouvelles pistes dans la sous région avec des collaborations. Zeynab en 2018 a été bien présente à de nombreux rendez-vous surtout aux cotés d'artistes anglophones et cela ne fait que du bien au 229.

Les productions audiovisuelles.... Et si on en parlait ?

"Il n'y a plus de doute, le Bénin regorge de talentueux réalisateurs de clips musicaux qui ne cessent de confirmer même à l'international.
Je pense encore particulièrement à 100Mak, Dhramas Omofresh, Medusart, la team de xtime etc..."


Cedric CODO donne ici ses propositions pour une bonne année musicale 2019.

"Pour 2019, il va falloir repenser les plans de carrière. Tout le monde n'a pas envie d'aller à l'international, mais l'international s'impose à certains d'après moi.
Aujourd'hui nous remarquons que les rappeurs en français au Bénin n'ont plus aucun impact au profit des rappeurs et artistes en langues locales (surtout le fon. NDLR). C'est la tendance et cela n'est pas prêt de s'arrêter. Plutôt positif. Mais que vont devenir les punchlines de Oxmoz, les jeux de mots de AYS, et les techniques de flow de Hypnoz...?

Je pense après analyse que ce genre d'artistes doit penser un plan de carrière à l'international dans la sous région et hors du continent. Il faut pas oublier que nous avons un tout petit pays et que le rap en langue française a perdu considérablement du terrain. Reconnaître cela nous permettra de mieux repenser les choses et revoir nos priorités.

Dans cette vision des choses il faut saluer les artistes qui ont commence déjà à se faire connaître hors de nos frontières comme Fanicko, Vano Baby, Dibi Dobo, Blaaz, Bsyd, Niyi Kosiberu, Zeynab et tout ceux que j'ai pu oublier.


Enfin, il est primordial de mettre en application une vraie politique culturelle basée sur l'éducation culturelle et artistique dans les écoles afin de fabriquer les nouveaux publics avertis sur les biens et produits culturels. Cela passera par notre ministère de tutelle qui fait déjà des efforts mais qui doit accélérer. Pour moi, Éducation et Culture ne peuvent pas être séparés en Afrique. Il y a tellement de chantiers mais commençons déjà quelques part."


Propos recueillis par Khaled Sèdaminou

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