Ce qu'il faut savoir sur le Sticker PARENTAL ADVISORY

Ce qu'il faut savoir sur le Sticker PARENTAL ADVISORY

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Vous l'avez vu sur un nombre incalculable d'albums ou une multitude de covers de singles, que vous ne le remarquez même presque plus.


Pour certains, c'est le logo d'un label, pour d'autres, c'est le gage d'une authenticité. Il ne faut pas oublier ceux qui le prennent pour une marque du droit d'auteur un peu comme l'autocollant du BUBEDRA, ou ceux qui carrément n'ont aucune idée de ce que représente le "parental advisory".

Des eighties à aujourd'hui, voici l'histoire qu'il faut voir en regardant ce petit rectangle.

Compositeur-interprète, multi-instrumentiste, réalisateur artistique, producteur américain de pop, de funk, de rock et de RnB contemporain, danseur et acteur, "Prince" Rogers Nelson surnommé le Kid de Minneapolis est mort le 21 avril 2016 à Chanhassen, dans le Minnesota.


Vous vous demandez déjà certainement où est le rapport. C'est justement ce géant de la pop qui est à l'origine du parental.

Nous sommes en 1984. Al Gore est sénateur et futur vice-président des États-Unis. Sa femme, Mary Élisabeth Gore allias Tipper, offre à leur fille karenna âgée de 11 ans, l'album "Purple Rain" de Prince. Mais son choc est indescriptible à l'écoute du titre numéro 2, "Darling Nikki" dans lequel il est question de sexe.


Elle juge que le sexe et la luxure, des thèmes très répandus et joués en boucle par plusieurs grandes chaînes est un contenu non adapté à la jeunesse qui a besoin d'en être protégée. Tipper fonde alors avec Susan Baker, la femme du secrétaire au Trésor, Pam Howard, femme d’un magnat de l’immobilier et Sally Nevius, la femme du président du conseil municipal de Washing­ton DC. le Parents Music Resource Center (PMRC).


PRMC tente en 1985, par plusieurs méthodes qui sont toutes restées non fructueuses, de freiner l'association de l'industrie musicale RIAA (Recording Industry Association Of Ameri­ca) dans sa vente de contenus jugés dangereux pour les adolescents. C'est une guerre dans laquelle s'engagent plusieurs voix. Les unes soutenant les artistes et défendant la liberté d'expression, les autres pour le PMRC et prônant la protection de l'enfance.
Fin 1985, après plusieurs bras de fer juridiques, la RIAA, adopte, sans pour autant en faire une obligation, l'apposition du sticker universel Parental Advisory : Explicit Content imposé par le PMRC.

Ce petit rectangle blanc noir qui à la base est destiné à aider les parents à protéger leurs progénitures des violences verbales du heavy metal, a plutôt été utilisé pour la toute première fois pour un autre genre musical : le Jazz. Notamment l'album Jazz from Hell, complètement instrumental, de Frank Zappa.

Plus de 30 ans après son adoption, et après plusieurs mutations de ce logo auquel plus personne ne prête plus une attention particulière, Studio Brussel adresse en 2017 une lettre ouverte à la RIAA pour demander le changement de son code couleur blanc noir en violet noir pour mieux rendre hommage à Prince et son album "Purple (violet) Rain"

En attendant cette éventuelle énième mutation souhaitée par Studio Brussel, la marque du Parental Advisory : Explicit Content (avertissement parental : contenu explicite) a aujourd'hui franchit les frontière de la musique pour s'exporter sur des t-shirts, des casquettes et plein d'autres supports. C'est une "mode" qui est suivie quasi instantanément par les artistes du monde entier, du Brésil au Bénin en passant par la Corée du Sud car son utilisation n'affecte en rien la vente du produit sauf dans quelques rares pays comme la Chine et l'Arabie Saoudite où la vente d'albums marqués est proscrite et les États-Unis ou elle est seulement interdite aux moins de 17 ans.


En France, plusieurs artistes comme Booba, PNL, Mac Tyer etc ont déjà eu à marquer leur album alors que la législation française ne les y oblige pas. Un petit focus sur les paroles de leurs différents albums justifie à un certain égard cette entreprise des français. La question est : ils font bien de suivre la "mode" ou ils sont juste responsables ?

En se penchant sur le cas du 229, on se demande quelle question poser face à un Vano Baby dont l'identité graphique de "Tonsinmin Chap" n'affiche aucun avertissement. Pire encore un Togbè Yéton avec l'affiche de "Ninkouin". Ces deux derniers étant pourtant les champions incontestés de l'agression verbale au Bénin. C'est dans cette même catégorie que Blaaz a décidé il y a quelques jours de prendre une " Longueur d'avance ".


Au recto de la situation il y a, il faut le dire, des cas où les choses sont faites selon les règles de l'art. Ceux qui n'apposent aucune marque de Parental Advisory et qui ne sont pas condamnables : WP avec "Achika Achika" ou Nikanor avec "Vis ta Vie". Ceux qui utilisent le sticker et qui ont bien fait comme récemment "Fight", le feat de Sasory avec Sima et même que Vano Baby se retrouve encore dans ce dernier cas avec "Madame".

Parental Advisory : Explicit Content. Toujours une protection des enfants ou une esthétique ?


Ousmane Akpari

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