Amagbégnon du retour du festival Sahel Hip Hop :

Amagbégnon du retour du festival Sahel Hip Hop : "J'ai gagné la certitude que la culture vodoun se moque des frontières..."

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Le slameur béninois se confie à notre rédaction après sa participation à la dernière édition du festival Sahel Hip Hop et musique du monde.


Immigration clandestine et extrémisme violent. C'est autour de ce thème que le festival Sahel Hip Hop et musique du monde a réunit du 20 au 25 avril 2018, plusieurs pays comme l'Espagne, le Maroc, le Cameroun, la Guinée Conakry, le Mali, le Sénégal, le Niger, la France, le Bénin etc.
Urbenhits a rencontré pour vous Amagbegnon, le seul slameur béninois invité à ce festival.


Quel regard porte tu sur la représentation et la valorisation du slam à ce festival ?

A l'instar des autres courants artistiques, le slam a été bien représenté et traité avec respect tout au long de cette 4è édition du Festival Sahel Hip-Hop & Musiques du monde.
De par sa remarquable puissance d'évocation et sa facilité à toucher les coeurs, le Slam est de nos jours l'art qui porte le mieux les thèmes existentiels.
Qu'il me soit permis de dire aux promoteurs et entrepreneurs culturels, qu'ils gagneraient à associer des slameurs à tout évènement axé sur un thème. Le slam est le meilleur canal pour porter aux populations à la base tout type de message.
Bonjour Urben Hits, bonjour aux uns, bonjour aux notres. Amagbégnon(le pouvoir du verbe) je suis, c'est un honneur pour moi de partager avec vous la quintescence de ma participation à ce Festival organisé par Djobala Production.

Ton plus gros kiff

Ce qui m'a le plus plu tout au long de mon séjour nigérien du 19-27 Avril, c'est l'expression de la volonté du promoteur Djobala Hassan qui, malgré le manque de soutien étatique à tout donné, tant bien que mal pour que le Festival se déroule sans anicroches.



Qu'est ce qui a constitué l'ambiance générale de cette édition ?

L'ambiance générale de la 4è édition du Festival Hip-Hop Sahel & Musiques du Monde, a été faite de joie, d'ouverture d'esprit, de follie bénéfique, de respect mutuel et d'engagement individuel. C'est le genre d'ambiance qui imprime sur la conscience, des valeurs telles que la solidarité, la tolérance et la fidélité aux causes qui nous ont choisies.


Si tu avais le même pouvoir qu'un bouton "REW", que ferais tu ?

Je m'arrangerais pour débarquer avec mes musiciens et vocalistes, afin de présenter le niveau réel de ma démarche artistique pour le bonheur du public et la révélation de ma Culture Vodoun
-Je donnerais tout de moi pour une meilleure organisation avec un point d'honneur sur la cohérence dans la programmation des artistes, une programmation au service du thème retenu.



Parle nous des autres participants venus d'autres pays

Wow là c'est le pied, que des artistes de grands talents et à l'humanisme troublant. C'est le moment de rendre un hommage mérité à Maman Faty Mariko et Philo du Niger, Angie Tonton du Libéria, queen Rima de la Guinée Conakry, Toufik du Maroc avec un coup de coeur spécial pour Bolboreta de l'espagne et Kitary du Niger, qui de leurs talents uniques ont sù agrémenter les performances de mon slam Voodoo.
Comment oublier Françoise Ramel de music in africa et Ousmane de Mondoblog qui de leurs plumes ont gravé cette édition du Festival Sahel Hip-Hop & Musiques du Monde dans la mémoire du temps. Big up aux managers Anso & Zoti et le présentateur live de charme QMD qui a sù porter au firmament de l'excellence l'impressario béninois.
Ce sont des instants qui méritent d'être renouvelé



Avec ce festival, qu'est ce qui s'est ajouté à ton expérience personnelle ?

J'ai gagné la certitude que la culture Vodoun se moque des frontières, de la couleur de peau, de sexe, de classe sociale et qu'aucune préoccupation humaine n'échappe à sa sagesse. L'universalité des valeurs éthiques de cette Culture m'a permis de toucher avec la sincérité de mon slam Voodoo, le coeur d'hommes de divers horizons et aux choix réligieux aussi différent que le jour et la nuit. Ça a été aussi l'occasion pour moi de lire dans les yeux des dromadaires du désert, le désespoir, la souffrance et les défis des migrants qui par soif de gagne pain empruntent le trajet Niamey-Agadez, route de la migration indigne et honteuse. Ce sont des expériences qui vous transforment profondément et aiguisent votre détermination à tout donné pour construire une Afrique forte, unie, responsable et souveraine, une Afrique où des jeunes ne se sentent pas obligé de rêver d'un ailleurs, qui est loin d'être meilleur.



Comment définirais-tu ta participation à cette édition du festival ?

Entant qu'artiste slameur/ Spoken-Word béninois écrivant ses textes à l'encre de l'universalité des valeurs fondamentales de la Culture Vodoun, afin de faciliter le dialogue interreligieux pour une Culture de paix durable en Afrique; participer à ce Festival autour de la migration et l'extrémisme violent est l'expression d'un engagement, la fidélité à une conviction et surtout la révélation que le Slam à sa place à de pareils rendez-vous.



Nous sommes au but de cette interview. Un mot ?

En guise de mot de fin, je voudrais m'autoriser à dire au gouvernement de la rupture qu'en vérité, en vérité les artistes sont les véritables ambassadeurs d'un pays, ils sont l'espoir d'un Bénin réveillé, éveillé et révélé. Il gagnerait à fermer la porte des discours creux et mieleux, pour ouvrir concrètement la fenêtre d'un soutien administratif et financier aux artistes qui, de leurs oeuvres révèlent au monde l'immensité de la Culture Vodoun aux différents festivals.


Merci Urben Hits, Merci à tous pour l'attention. Merci à l'artiste Koudy Fagbémi, M. Lazare AVANON & Georges YEDJENOU. Merci à Beezy Baby et à Mastaa MC.
Merci chers tous de nous soutenir pour la suite.


Interview réalisée par Ousmane Akpari

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